6 choses à retenir du Rendez-vous Collectivités viables 2019

3 mai 2019 Articles de fond | Événements

6 choses à retenir du Rendez-vous collectivités viables 2019

Le Rendez-vous Collectivités viables 2019 portait sur le thème "Oui dans ma cour!". Cet évènement, organisé par Vivre en Ville, a permis d'approfondir les thèmes de l’acceptabilité des transformations urbaines, dont la densification.

Faire un bilan de cette journée riche en échanges et en apprentissages relève du défi. Voici six éléments qui ont retenu notre attention, et sans doute la vôtre si vous y étiez !

1. Un chiffre : 350 participants engagés pour des transformations urbaines gagnantes pour tous

Salle comble à la Gare Dalhousie / ©Saul Rosales

On sait qu’on touche un sujet d’intérêt quand plus de 350 personnes répondent présent à un événement pour jaser de transformations urbaines et d'acceptabilité sociale. Le 4e rendez-vous Collectivités viables a rassemblé des professionnels, des élus municipaux, des citoyens engagés, des experts de l’habitation et de la consultation, des promoteurs et d’autres encore, tous engagés pour des transformations urbaines positives.

Ces efforts pour mieux faire, on les voit partout au Québec. Le Rendez-vous 2019 a été l’occasion d’échanger sur cette volonté partagée, qui se démontre autant dans les régions métropolitaines de Québec et Montréal que dans les plus petites villes et villages: Comment assurer la qualité des transformations urbaines? Comment amorcer le dialogue ou assainir le débat à ce sujet? Quelles méthodes utiliser pour rejoindre toutes les parties concernées par ces transformations? Comment rassembler tout le monde autour d’un projet commun?

Nous avons été heureux de constater que l’enthousiasme et l’optimisme des participants à relever ces défis était manifeste! Vous voulez continuez à suivre le mouvement ? Inscrivez-vous à notre infolettre !

2. Un message : l'importance d'humaniser la croissance urbaine

Campagne pour «humaniser» la densité tirée de la présentation de Sara Maxana

La Ville de Seattle a alimenté une culture de bon voisinage et favorisé le «oui dans ma cour» par une campagne de communication visant à humaniser la densification. Sara Maxana, directrice du programme Logement abordable et milieux de vie de qualité à la Ville de Seattle, a abordé cette stratégie gagnante qui permet de dépasser les craintes. Il s’agit de mettre en vedette les résidents et leurs besoins, plutôt que les règlements d’urbanisme et les bâtiments eux-mêmes. Ce faisant, on met la lumière sur la raison d’être de la densification: offrir des logements qui répondent aux besoins des résidents futurs et actuels.

«Je prépare ton café. Puis-je être ton voisin?», peut-on lire sur la photo d’un jeune homme en tablier derrière un comptoir de café. Ce message, qui a accroché les participants du Rendez-vous 2019, a été abondamment repris par d’autres intervenants au cours de la journée comme un symbole de la diversité sociale et de la mixité des activités recherchées dans chaque milieu de vie.

3. Un objectif commun : travailler ensemble pour de meilleurs projets

Alexandre Forgues, Sabrina Di Matteo, et Émile Grenon Gilbert / ©Saul Rosales

Promoteurs, municipalités, citoyens, tous peuvent être des acteurs de changement pour une densification réussie. Toutefois, ces derniers ne vivent pas les transformations urbaines de la même façon. Les projets sensibles, qui s’insèrent dans des milieux habités, demandent ainsi un grand travail de collaboration. C’est en alliant la diversité des points de vue qu’on arrive à de meilleurs projets, mieux intégrés et bien accueillis.

Sabrina Di Matteo, porte-parole du mouvement Pas de tour dans ma cour à Laval, souligne le besoin de vulgariser les notions liées à la planification et au développement urbain. Elle ajoute qu’il est aussi du devoir des citoyens de s’informer pour pouvoir contribuer au dialogue. Pour Alexandre Forgues, qui développe depuis 15 ans des projets immobiliers principalement dans le sud-ouest de Montréal, la transparence et l’écoute font aussi partie d’une recette gagnante. L’échange entre les parties prenantes peut être très positif. Il permet de bonifier les projets de densification et de léguer des projets qui contribuent à la collectivité.

Pour recadrer le débat et mieux présenter les orientations de planification, Émile Grenon Gilbert, conseiller municipal à Mont-Saint-Hilaire, rappelle l’importance de «commencer avec le pourquoi». Selon lui, les élus devraient toujours prendre la peine de revenir aux véritables objectifs derrière la densification et autres transformations urbaines pour aider les citoyens à comprendre la nécessité de le faire.

Autant de stratégies pour travailler ensemble, créer un dialogue constructif et s’allier pour des projets de qualité.

4. Un défi : l’abordabilité du logement

La densification est vue à la fois comme une réponse et une menace pour l’abordabilité du logement.

D’un côté, accroître l’offre résidentielle contribue à diminuer le coût de l’habitation. Pour Laurence Vincent, co-présidente du groupe Prével, il s’agit d’une question d’offre et de demande. Chaque nouveau logement, peu importe son type et son coût, permet à un ménage de s’y installer et de libérer leur habitation précédente, généralement plus abordable. Le logement privé, au prix du marché, fait donc partie de la solution pour créer du logement pour tous, message que portait également Sara Maxana de Seattle.

Mais pour plusieurs, cet effet domino ne doit pas être la seule réponse en matière d'abordabilité. Le Québec devrait au contraire profiter de sa situation relativement privilégiée en ce qui a trait aux coûts de l'habitation pour limiter les risques de voir la situation s'aggraver à moyen et long termes. D’autant plus qu'améliorer l'abordabilité est également essentiel pour répondre à la pénurie de main-d'œuvre pour les métiers peu qualifiés, comme l’a bien rappelé Martin Bécotte, directeur de la Fédération régionale des OSBL d'habitation de la Montérégie et de l'Estrie. Abordant cette question plus largement, le maire sortant de Vancouver, Gregor Roberston, a souligné l'importance de l’implication des différents paliers de gouvernement pour adopter des stratégies d'abordabilité qui visent également à répondre aux défis des changements climatiques, deux défis interreliés.

5. Un bon signe : des élus au rendez-vous

Lors de ce 4e rendez-vous Collectivités viables, les élus ont été nombreux dans la salle et sur la scène. Face aux défis environnementaux, économiques et sociaux, ils se montrent prêts à agir pour consolider nos milieux de vie, tout en répondant aux aspirations de la population.

Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et député de Deux-Montagnes / ©Saul Rosales

La présence du M. Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et député de Deux-Montagnes, est à souligner. À ses yeux, la densification fait partie de la solution pour assurer un développement durable de nos collectivités. Au cours de son allocution, le ministre a également mentionné qu’une vision gouvernementale en aménagement pourrait contribuer à une meilleure planification urbaine, qui allie notamment la densification, la réduction des gaz à effet de serre, mais aussi l’adaptation aux changements climatiques.

Les élus peuvent jouer un rôle important vers un dialogue constructif autour de la densification. Stéphane Boyer, conseiller municipal à la Laval l’explique bien: Il s’agit de représenter les citoyens, mais aussi d’être un acteur et un leader de changement. Un changement qui nécessite de dévier la conversation de l’intérêt individuel vers l’intérêt collectif, au bénéfice de l’amélioration de nos milieux de vie.

6. Une tape dans le dos : le message de Janette Sadik-Kahn

Lors de la première fermeture de Time Square, l'équipe de Janette Sadik-Khan a acheté des centaines de chaises à la dernière minutes pour occuper l'espace / Tiré de la présentation de Janette Sadik-Khan

Il y a beaucoup de travail à faire, mais heureusement nous sommes nombreux et prêts à relever le défi. Il faut garder le cap. C’est l’un des messages marquants de la conférence de clôture offerte par Janette Sadik-Kahn, celle qui a transformé les rues de New York pour en faire des espaces plus verts, sécuritaires et accueillants.

À tous, elle a rappelé que ce n’était jamais facile de transformer nos villes, mais que les projets de densification et d’amélioration de l’espace public sont nécessaires pour créer des milieux inclusifs et agréables à vivre. Bien que l'inertie et la résistance au changement sont une réalité que l’on voit partout, même à New York, il faut persévérer et mobiliser la créativité de chacun.

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